Le dicton du jour :

« Ün rübu de magùn nun paga ün’ unça de dèbitu »

Un rub (8 kg) de chagrin ne paie pas une once (8 g) de dette

Evénement

20 mai 2019 - San Bernardìn

Lünesdì, u vinti de màgiu d'u 2019

S'il pleut à la St Bernardin, tu peux dire adieu à ton vin

Monaco à travers les Siècles

Un brin d’histoire sur le pays

A STORIA D’ÜN PASSERUN

 

A STORIA D’ÜN PASSERUN

Forsci avì sentüu cüntà
çe ch’à fau ün passerun,
ch’aspetava ün ansietà
u passage d’ün cavalun.

U cavalu scaiji sempre,
cunuscendu u so cumpà,
sulagiava ru su ventre
per ghe daghe ün bon dernà.

De truvaghe a so’ pitança,
l’autru se frütava e mae,
e se fava ün crepa pança
d’e carube maginae !

Per u giurnu d’a gran fiera,
u garçun d’u cavalun,
gh’à serviu, matin e sera,
de çivada, üna raçiun.

Ve pensè de che ribota
L’aujelun s’è regalau.
Tantu che pe’a prima vota
è stau finta ümbriagau !

Stracuntentu, stu tatà,
se ne vora suvra i tenti.
E se mëte a sciaratà
ün virandu ai qatru venti !

E à fau tanta paciara,
de « ci, ci », e de « ci,cià »
ch’ün caciaire, che passava
gh’à futüu üna füsiyà !

A morala che s’emposa :
« O cuntenti, o marcuntenti,
se mangè de chela cosa…
nun stèru a crià sciü i tenti !! »

E u sciü Michelan «  u russu »
me dijeva : « Se poi faru,
forçate de scüpe duçu,
finta qandu avali amaru. »

Sença fà tantu ri beli,
fussa meyu, me semiya,
de lavà ri patareli
de scundun, ciü ün famiya…

E perchè despantegà
e cüntà tüti ri peti !
Cuma se vuressi fà
N’a bataya de cunfeti ?…

Ri füsì sun spalai d’a tüt’e parte,
perchè amu ün paise ünvidiau.
Ghe n’è che ne giüghessu fint’ai carte
a ne tirà n’a bota cuma sciü u diau !

Dunca cunvegne d’esse ben prüdenti,
e prima de vurè crià sciü i tenti,
de medità dui cou, tantu e pei prun :
U piciun chentu de ru passerun !

Marc Curti dit Mar
(Graphie de l’auteur)

L’HISTOIRE D’UN MOINEAU

Peut-être avez-vous entendu narrer,
l’aventure d’un moineau
qui attendait avec impatience
le passage régulier d’un poney.

Le cheval presque toujours,
connaissant le gentil passereau
ne manquait de se soulager…
pour lui procurer un succulent déjeuner.

De pouvoir trouver pareille pitance,
le moineau était tout heureux.
C’était pour lui l’occasion d’une bombance,
d’ avoir des caroubes toutes moulues !…

A l’occasion de la grande foire,
le palefrenier, servit au poney,
aussi bien le matin que le soir,
une bonne ration d’avoine.

Ce fut l’occasion d’une belle ribote.
Pour sa part, l’oiseau s’est régalé,
tant et plus que pour la première fois,
il s’est trouvé tout enivré.

Plus content et étourdi que jamais ce bêta,
s’ envole sur les toits
et il se mit à pépier
en tournant aux quatre vents !

Et il fit tellement de potin,
des « ci, ci, «  et des « ci, cia »,
qu’ un chasseur qui passait,
l’ abattit d’un coup de fusil.

Voulez-vous la morale de l’histoire ?
«  Content, ou mécontent,
si vous mangez…de quelque chose…
ne le criez pas par-dessus les toits ! »

Le sieur Michelan, dit « le roux »
me disait : » Si tu peux le faire,
il convient de cracher tout doux,
même lorsque ce que tu absorbes est amer. »

Sans vouloir être si judicieux,
il conviendrait, il me semble,
de laver notre linge sale,
à l’écart et en famille.

Pourquoi vouloir divulguer,
raconter nos petites histoires,
à tout vent, comme pour en faire
une pluie de confettis ?…

De partout les fusils sont braqués sur nous,
car notre beau pays est très envié.
Et beaucoup nous joueraient aux cartes,
ou tireraient sur nous, comme sur le diable !

Soyons donc prudents,
et avant de crier par-dessus les toits,
tâchons de méditer longuement
sur le petit conte du moineau étourdi !

(Traduction de l’auteur)

 

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