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« Qü nun ciura nun teta »

Qui ne pleure pas ne tète pas (qui ne réclame pas n’a rien)

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Monaco à travers les Siècles

Un brin d’histoire sur le pays

La fête Dieu

Les origines de la fête Dieu

La Fête-Dieu, appelée aussi Fê e du Saint-Sacrement ou Solennité du Corps et du Sang du Christ, célèbre la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l’Eucharistie. Le pape Urbain en 1264 promulgua la bulle « Transiturus » qui instituait la Fête-Dieu le jeudi qui suit le dimanche de la Sainte Trinité, suite à un miracle qui a eu lieu à Bolsena en Italie. C’était la première fois qu’un pape imposait une fête nouvelle à toute l’Eglise d’Occident. Le pape Urbain étant mort très peu de temps après avoir institué la fête nouvelle, elle n’a pas été suivie d’effets.

Clément V (1312), puis Jean XXII (1317) l’ont remise en vigueur. En 1318, la fête était presque universelle. On devait certainement célébrer la Fête-Dieu dès la construction de l’église Saint-Nicolas sur le Rocher au XIIIème siècle. Cependant jusqu’au milieu du XVème siècle, l’instabilité politique, les guérillas incessantes, les inimitiés entre partis empêchèrent très vraisemblablement le développement de la vie sociale et religieuse monégasque.

Il faudra attendre la créationdes pénitents blancs, au début de la deuxième moitié du XVème siècle, pour assister à des célébrations solennelles avec processions comme celle de la Semaine Sainte et surtout celle de la Fête-Dieu qui était l’une des plus ferventes de la Paroisse Saint-Nicolas du Rocher. Don Pacchiero, curé de cette Paroisse de 1615 à sa mort survenue en 1662, nous confirme dans son « Giornale » à la date du 23 juin 1639 l’existence de cette procession du Corpus Domini où pour la première fois la Confrérie des pénitents noirs de la Miséricorde qui venait d’être créée se joignit à celle des pénitents blancs.

La célébration à Monaco

Depuis la Fête-Dieu, jour férié, est toujours célébrée à Monaco avec solennité. Après la cérémonie à la Cathédrale la procession se forme avec en tête l’Archiconfrérie de la Miséricorde et de nombreuses confréries françaises et italiennes des régions voisines, suivies des Ordres Hospitaliers, Equestres et Pontificaux et de la Maîtrise de Monaco ; vient ensuite le Saint Sacrement porté par l’Archevêque sous un dais tenu par quatre pénitents, entouré des membres de son clergé et suivi par les autorités monégasques et les fidèles. La procession, à travers les rues du Rocher, en marchant sur un tapis de pétales de roses jetés par des enfants, se rend ensuite à des autels provisoires ornés, appelés reposoirs, pour prier et adorer le Saint-Sacrement, d’abord dans la cour d’honneur du Palais en présence du Prince Souverain et de sa Famille puis sur la Place de la Mairie devant la Chapelle de la Miséricorde, oratoire de la Vénérable Archiconfrérie de la Miséricorde.

La Fête Dieu en vidéo

La Chronique sur la fête Dieu

Le 23 juin 1639 fête du Corpus Domini

(d’après le giornale de Don Pacchiero - traduction d’Inès et Claude Passet : Annales Monégasques N°18-19-20)

 

Et parce que c’est ce jour-là que pour la première fois les Pénitents noirs de la Miséricorde commencèrent à sortir en procession…Ils sortiront de l’église, portant leur simple croix noire, les frères deux par deux, une torche allumée à la main…, au nombre de 40. Et les pénitents blancs avec leur croix, six lanternes de procession, deux céroféraires, et chaque frère avec un cierge blanc d’une livre chaque allumé, deux par deux, au nombre de 66.

Arriveront ensuite Messieurs les Syndics, le Podestat et le Fiscal, portant le dais au-dessus du Très Saint-Sacrement. Sortira ensuite la Croix de la paroisse ornée selon l’usage de cette fête, et le clergé en surplis…Sous le dais, le Très Saint-Sacrement, découvert, dans l’ostensoir porté par le Révérend Curé… Derrière suivront Leurs Excellences(1) et le reste des fidèles…

On marchera jusqu’à la Place d’Armes(2) et par le Carrogio de la Speciaria(3) au Château Neuf(4), puis retour à l’église… Le Très Saint-Sacrement arrivé et déposé sur l’autel, la bénédiction sera donnée…

Les Pénitents noirs repartiront comme ils sont entrés, récitant à haute voix, sans chant, Le Miserere… Ceux-ci sortis de l’église, les Blancs se lèveront, chanteront le Benedictus et iront à leur chapelle dans le même ordre, et sur ordre exprès de Son Excellence, ils ne diront rien d’autre dans cette procession, en raison de leurs prétentions et pour couper court à toute discussion(5).

  1. Le Prince Honoré II et son fils Hercule.
  2. Actuelle Place du Palais
  3. Actuelle rue Basse
  4.  À l’extrémité orientale du Rocher au-dessus de la Porte Neuve à l’emplacement de l’actuelle école supérieure d’arts plastique
  5. On imagine les dissensions qui ne manquèrent pas de survenir au début de la scission entre blancs et noirs et qui s’estompèrent progressivement jusqu’à la fusion en 1813 au sein de l’Archiconfrérie de la Miséricorde.

 

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